Laureen - Quand l’amour prend le temps de naître

« Pour ce premier bébé, j’ai vécu une grossesse idyllique. De base, je suis assez angoissée, je n’aime pas trop le côté médical, donc ce fut une sacrée aventure. J’ai travaillé sur mon mental tout au long de ma grossesse avec une sophrologue et je me suis beaucoup renseignée sur l’accouchement physiologique qui me donnait très envie.

Le matin de l’accouchement, je suis allée chez l’ostéopathe pour préparer mon corps, et dès l’après-midi, j’ai commencé à avoir des contractions. Vers 19 h, j’ai compris qu’il s’agissait de « vraies contractions ». J’ai patienté toute la soirée et toute la nuit, et à 6 h du matin, nous sommes partis à la maternité. En arrivant, mon col était dilaté à 2 cm. Ils m’ont alors transférée en chambre où mon conjoint et moi avons travaillé en équipe pour gérer mes contractions à l’aide de mon peigne, du ballon et de la douche chaude. En fin de matinée, mon col était dilaté à 3 cm, ça avançait doucement mais sûrement.

Dans l’après-midi, mon col était à peine passé à 4 cm. Je commençais à stresser et à penser à la césarienne. La sage-femme me rassure en me disant que je n’en suis pas encore là ! Elle me propose alors une séance d’acupuncture en fin d’après-midi pour essayer d’accélérer le travail. Très rapidement après la pose des aiguilles, mes contractions sont devenues plus intenses et régulières. Malgré ça, à 18 h, mon col n’avait pas bougé, toujours dilaté à 4 cm.

Elle me propose alors de passer en salle de naissance pour me poser la péridurale et percer la poche des eaux. Jusqu’ici, je gérais plutôt bien mes contractions, malgré la douleur, mais en arrivant en salle de naissance, j’ai complètement perdu pied et mon cerveau s’est figé. Je n’étais plus dans ma bulle. On me pose la péridurale, on me perce la poche des eaux, mais la tête de bébé n’appuie pas correctement sur le col. On me propose alors de me mettre sur le côté, on m’injecte de l’ocytocine, mais ma tension chute. Avec mon conjoint, on s’est complètement perdus, démunis. Nous venions d’entrer dans la médicalisation, nous étions en mode « pilote automatique ». Rapidement, mon col passe à 5 cm de dilatation, mais jusqu’à 22 h, plus rien ne se passe.

Je suis épuisée, je n’en peux plus. Je demande à ce que l’on me fasse une césarienne, car je préfère maintenant plutôt que de devoir faire une césarienne d’urgence en code rouge sans mon conjoint.

Désillusion, l’anesthésiste refuse la présence de mon conjoint, car la femme précédente a dû avoir une anesthésie générale.

Heureusement, la sage-femme à mes côtés me rassure beaucoup. L’opération se passe rapidement, ma fille naît, mais je ne ressens aucune émotion lorsque l’on me la présente. Je suis tellement obnubilée par mon opération, je suis stoïque, je ne me rends pas compte, je ne connais pas ce bébé.

Aujourd’hui encore, j’ai l’impression de n’avoir jamais accouché.

Arrivée en salle de réveil, je vois mon bébé sur mon conjoint. Lui non plus ne se rend pas vraiment compte qu’il s’agit de notre fille. Je n’ai pas voulu la prendre tout de suite, j’étais encore sonnée par la césarienne. Je n’arrêtais pas de trembler à cause de la rachianesthésie. Nous sommes rentrés en chambre 4 h après la naissance de ma fille et c’est au fur et à mesure de notre apprivoisement mutuel que j’ai senti naître l’amour pour elle.

Ça me fait quelque chose de le raconter aujourd’hui en tant que « récit d’accouchement », parce que je n’avais pas l’impression d’avoir vécu un accouchement. Ça me fait du bien, alors merci pour ça. »

"Aujourd'hui encore, j'ai l'impression de n'avoir jamais accouché."

Avais-tu des attentes et appréhensions avant la naissance ?
J’avais énormément d’appréhensions, le milieu médical m’angoisse énormément.

As-tu fais une préparation à l’accouchement ?
J’ai fait une préparation classique avec ma sage-femme, mais on ne m’a jamais parlé du déroulement d’une césarienne, ni même que le travail pouvait durer longtemps et que c’était ok. J’ai fait aussi plusieurs séances de sophrologie.

Quels conseils donnerais-tu aux futures mamans ?
Je conseille aux futures mamans de se faire accompagner, quelle que soit la méthode choisie. Personnellement, j’avais opté pour la sophrologie. De manière générale, plus on est informée, moins on appréhende, et cela permet de mieux se préparer à toutes les éventualités.

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