"Le lundi soir je commence à sentir mon ventre se durcir toutes les 30 minutes et pendant 2 heures. Je me couche en sachant que si ce sont des « fausses contractions » elles s’arrêteront dans la nuit. Le lendemain, je me réveille et constate que les contractions sont toujours là et qu’elles se sont rapprochées toutes les 15 minutes. J’avais peur que ce soit un faux travail donc je demande à Camille, qui me conseille de prendre une douche bien chaude pour voir si les contractions s'arrêtent. En sortant, au contraire, elles sont encore plus rapprochées.
Je décide donc d’aller marcher avec ma maman. Les contractions se rapprochent toutes les 5 minutes pendant 2 heures, je préviens alors mon conjoint qui est en formation professionnelle que je pars à la maternité. A 15h j’arrive à la maternité. On vérifie mon col qui est ouvert à 2cm. Le cathéter est posé, les contractions ne sont pas encore trop forte alors on m’autorise à partir marcher. Je me promène toute l’après midi avec ma maman (ma meilleure accompagnatrice dans ce moment). Nous revenons à l’hôpital à 18h pour un nouveau contrôle de la dilatation du col qui n'a pas évolué. En revanche les contractions se sont intensifiées mais sont encore gérables.
À 19h le coup de massue tombe pour moi, mon conjoint n’est pas autorisé à me rejoindre pour assister à la naissance de son enfant… Suite à cette annonce les contractions s’arrêtent pendant 2 heures au moins…
Le personnel hospitalier voyant ma détresse, comprennent la situation et sont très à mon écoute. J'accepte le décollement des membranes qui m'est proposé à 23h pour aider à reprendre le travail, puis je pars à nouveau marcher dans les couloirs de l’hôpital. Je me dis qu’il faut que je forme une équipe avec mon bébé. La sage femme contrôle à nouveau mon col à 1h et je suis déçue de voir qu'il n'est dilaté qu'à 3cm. Je reste en chambre et saute sur mon ballon pendant de longues minutes. Puis d'un coup, les contractions deviennent très très forte, rien à voir avec
le reste de la journée. Je commence à penser à mes cours avec Camille sur la respiration et la visualisation qui m’aident beaucoup. Ayant opté pour une naissance physiologique je demande à accéder à la baignoire pour soulager ma douleur. Voyant l’intensité de mes contractions sur le monitoring la sage femme accepte à ce que j’aille dans la baignoire mais à condition de sortir très rapidement si bébé arrive, car elle pensait que ça allait être imminent. Je reste 2h30 dans l’eau mais plus rien n’y fait. Je n’arrive plus à respirer. Je demande à ce que l’on vérifie à nouveau mon col pour me rassurer sur l’avancée du travail. Et je suis une nouvelle fois déçue en apprenant que je ne suis qu'à 4cm.
Même si ce n'était pas mon projet d'origine, je demande finalement la péridurale en voyant que rien n’avance et surtout que je n’arrive plus du tout à supporter les contractions. 20 minutes plus tard, la péridurale commence à faire effet, j'arrive à me détendre mais j’ai froid. Le personnel soignant me donne un coussin d’allaitement pour pouvoir me mettre dans une position physiologique et me couvre pour que je puisse dormir. Je dors profondément. Vers 8h30 je sens à nouveau une douleur dans le bas du dos et dans mon bassin, alors je rajoute une dose de péridurale. La nouvelle équipe arrive, nous expliquons la situation à savoir que mon conjoint ne peut être présent mais que j’aimerai faire une visio avec lui pour que nous puissions vivre le moment ensemble. L’équipe accepte avec beaucoup d'empathie.
La sage femme vérifie mon col, m'informe que je suis à dilatation complète et c'est à ce moment là que la poche des eaux se rompt naturellement. Nous patientons encore une heure pour laisser à bébé le temps de s'engager dans le bassin. Puis vient le moment de pousser. J'avais demandé d'éviter la position gynécologique, ils ont alors accepté que je me mette sur le côté voyant que mes poussées étaient efficaces dans cette position. J’appelle ensuite mon conjoint en visio, l’émotion est très intense, il m’encourage, me dis que je suis forte et qu’il est fier de moi. La péridurale est si bien dosée que je sens les contractions sans ressentir de douleur, je n'ai donc pas besoin que les sages femmes me disent quand pousser. Après 7 minutes de poussée, l’amour de notre vie vient au monde sans l’aide d’aucun artifice.
On la pose sur moi, et je pleure de joie, mon conjoint aussi. Tout le monde pleure finalement mais ce n’est que du bonheur. Le placenta sort lui aussi sans difficulté et j'apprends avec joie que je n'ai subit aucune déchirure.
Je peux le dire, j’ai été et je suis fière de moi et de mon corps.
J’ai adoré accoucher et je pense qu’il s’est aussi bien passé grâce aux conseils que j’ai reçu. La mobilité, la marche et le ballon m’ont sans aucun doute aidé à vivre ce si bel accouchement."
"Je peux le dire, j’ai été et je suis fière de moi et de mon corps."
Avais-tu des attentes et appréhensions avant la naissance ?
Je souhaitais vraiment que mon projet de naissance, que j’ai réalisé avec soin, pour lequel j’y ai passé du temps soit respecté. Et il l’a été de A à Z. Les modification qui ont été faites venaient toutes de moi. En terme d’appréhension j’avais très peur d’avoir une épisiotomie « forcée ». Lors
de ma grossesse j'ai entendu beaucoup de choses, notamment sur les réseaux sociaux. Je ne tombais que sur des scénarios catastrophes, des mamans pour qui rien n’a été respecté, donc j’avais très peur de ça.
As-tu fais une préparation à l'accouchement ?
J’ai fait une préparation à l’accouchement classique avec une sage femme de l’hôpital et j'ai fait partie du club des mam’s de Camille, un accompagnement au top avec des réponses rapides et adaptés, plein de bienveillance et d'empathie.
Si c'était à refaire, que changerais-tu ?
Absolument rien, si ce n'est de ne pas écouter tout et n'importe quoi sur les réseaux.
Quels conseils donnerais-tu aux futures mamans ?
Je dirai qu’il faut se faire confiance, que notre corps est fait pour ça. Qu’avoir un enfant est la plus belle aventure d’une vie et le plus pure amour qui existe. Je dirai aussi de ne pas écouter tout les rabats joies de notre société qui diabolisent le fait d’avoir un enfant, qui diabolisent l’accouchement car ça peut tout à fait bien se passer. Mon accouchement en est la preuve. Qu’un bébé chamboule une vie et qu’il faut être prêt à quelques changements. Je dirai aussi qu’en cas de besoin il ne faut pas hésiter à se faire aider, que ce n’est pas une honte. Et que si la maison
n’est plus aussi bien rangée, si le linge n’est pas à jour ce n’est pas grave parce que bébé lui aura passé sa meilleure journée dans les bras de sa maman.
Mon avis en tant qu'accompagnante à la naissance :
Comme vous avez pu le lire, j'étais aux premières loges de l'accouchement de Marie. Elle a eu énormément de chance d'avoir accouché dans une maternité et avec des professionnels de santé qui croient en la capacité innée de la femme et de son corps à accoucher. Ils ont su respecter avec beaucoup de bienveillance tout ses choix et c'est ce que je souhaite à toutes les mamans.
Marie a réussi à faire entièrement confiance à son corps, elle a su s'écouter quand il le fallait, n'a pas hésité à revoir ses préférences quand cela était nécessaire ce qui lui a permis d'être détendue pour ce jour si merveilleux. Un beau travail d'équipe ! Je suis ravie d'avoir été témoin de ça !
(Promis, je ne l'ai pas payé pour avoir ce retour qui me fait chaud au coeur)
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