Mélanie - Mon accouchement en confiance

« Pour ma deuxième grossesse, je n’étais pas du tout dans la même optique que pour mon premier accouchement. Mon terme était prévu le 30 août, et j’étais un peu stressée car je ne voulais pas rater la première rentrée de mon fils. J’étais quand même très angoissée pour cet accouchement, de devoir laisser mon fils, j’avais peur de mourir pendant l’accouchement. Je n’étais vraiment pas sereine, mais je voulais tout de même essayer d’accoucher sans péridurale. Cette fois, je ne voulais pas être déclenchée, je me suis alors énormément renseignée sur l’accouchement physiologique. J’ai posé toutes mes questions à ma sage-femme, et elle m’a prêté les 3 livres de Lucile Gomez « La naissance » qui sont géniaux ! J’ai réalisé un projet de naissance, j’ai découvert plein de choses que je ne connaissais pas et j’ai fait beaucoup d’exercices pour essayer d’ouvrir mon bassin et de le rendre plus mobile. J’ai décidé d’accoucher dans une autre maternité, mieux réputée que celle de mon premier accouchement. Mon gynécologue m’avait envoyée vers une de ses consœurs qui travaillait là-bas, et le feeling est passé directement. Elle est très attentionnée et m’a donné son numéro personnel pour la prévenir lorsque l’on prendra la route pour la maternité.

Le dimanche 18 août, je me sens patraque et je fais de la diarrhée. Je me rappelle que dans le livre de Lucile Gomez, elle explique que lorsque le travail commence, on peut avoir des épisodes de diarrhée.

Le lundi 19 août, pareil, je ne me sens pas comme d’habitude et je continue de me vider.

Le mardi 20 août, au matin, je constate des pertes rosées. J’envoie un message à ma sage-femme et lui explique la situation de ces derniers jours. Elle me confirme que le travail a sûrement commencé, puis me conseille de bien m’hydrater et de me reposer. J’ai quelques contractions par-ci par-là…

L’après-midi, je fais des exercices de ballon, j’essaye de dormir un peu. Mes pertes deviennent marron, puis je perds le bouchon muqueux. Nous allons ensuite balader notre chienne et je sens que les contractions sont plus fortes mais encore très espacées. Mon arrière-grand-mère (qui ressent beaucoup de choses) m’appelle et me dit : « Mélanie !! Jade arrive demain, elle attendait que je rentre de l’hôpital pour venir. Ça y est, elle va arriver ! »

En fin de journée, les contractions se calment, puis le soir, au moment du coucher de mon fils, je sens qu’elles reprennent. Je lui souhaite une bonne nuit avec un pincement au cœur en me disant que peut-être, demain, je ne serai pas là à son réveil.

Je me remets à faire des exercices de ballon devant la télé avec mon mari, les contractions s’intensifient encore mais sont trop espacées, toutes les 10-15 minutes.

Soudainement, je sens que ça coule. Je vais aux toilettes mais je vois que c’est du sang comme les règles.

J’appelle alors mes parents pour qu’ils viennent garder mon fils car c’est le moment de partir à la maternité. J’envoie en même temps un message à ma gynécologue en pensant que, vu l’heure (23h30), elle ne verra mon message que le lendemain.

45 minutes plus tard, nous arrivons à la maternité. Les contractions sont toujours de la même intensité, mais encore irrégulières et espacées. Je constate que ma gynécologue est déjà là, elle était de garde ce soir-là. Elle m’ausculte, mon col est dilaté à 3 cm, mais on me dit qu’à cause du sang que j’ai perdu, si je n’accouche pas dans la nuit, on me déclenchera le lendemain matin.

Je commence à stresser car je ne voulais vraiment pas de déclenchement.

Arrivés en chambre, nous essayons de nous reposer mais les contractions s’intensifient et s’accélèrent toutes les 2 minutes.

Je me mets à quatre pattes, accroupie par terre, mon mari me masse. Nous faisons tout ce que nous avons appris pour me soulager.

On me demande alors de m’allonger pour la pose du monitoring, mais au vu de ma précédente expérience lors de mon premier accouchement, je ne supportais pas du tout les contractions en étant allongée. Alors je demande à pouvoir rester mobile pendant le monitoring. Après auscultation de mon col, il est à 3 cm de dilatation. Les contractions sont vraiment douloureuses, je ne parviens plus à les gérer, j’en vomis de douleur, alors je demande à ce que l’on me pose la péridurale.

À 5h30, l’anesthésiste me pose la péri, qui est d’ailleurs super bien dosée, car je sens les contractions, encore un peu la douleur mais c’est beaucoup plus supportable. Quelque temps après, on me perce la poche des eaux artificiellement.

On me conseille de sonner pour demander une dose supplémentaire si je sens de nouveau l’intensité des contractions augmenter. Je n’en ai pas besoin car très rapidement, en quelques heures, je sens la tête de ma fille et je sens qu’il faut que je pousse. Après contrôle, en effet, je suis à dilatation complète.

Je commence la poussée en position gynécologique, ma gynécologue me guide et m’encourage. Je sens la tête de ma fille prête à sortir, mais je ne suis pas confortable. Je demande alors si elle peut me faire confiance en me laissant pousser comme j’en ai envie et comme je sens que c’est nécessaire. Elle accepte. Je ramène ainsi ma jambe vers moi et je pousse de toutes mes forces.

Ma fille Jade voit enfin le jour, il est 9h20.

J’ai été un peu déchirée car elle est sortie « de travers ». J’ai d’ailleurs senti lorsque l’on m’a recousue car la péridurale ne faisait plus du tout effet. Mais rien à voir avec mon premier accouchement : quelques heures après je marchais, je prenais ma douche, je m’asseyais. J’étais en pleine forme !

Je pense que le fait d’avoir dû aller à la maternité à cause des saignements, combiné à l’éventualité d’un déclenchement, a généré du stress. Cela a probablement ralenti la dilatation de mon col et m’a empêchée de me concentrer pleinement pour accoucher sans péridurale. Cependant, je ne regrette pas cette décision, car la péridurale a été très bien dosée à mon goût. Si c’était à refaire, je ne changerais rien. »

"Je demande alors si elle peut me faire confiance en me laissant pousser comme j’en ai envie et comme je sens que c’est nécessaire."

Quels conseils donnerais-tu aux futures mamans ?
Le conseil que je donnerais aux futures mamans, c’est de se faire confiance, de faire confiance à son corps et de s’écouter. De se laisser guider par son corps durant le travail.

Mon avis en tant qu’accompagnante à la naissance :
Grâce à sa première expérience, qui n’a pas été facile, Mathilde a su faire le nécessaire durant sa grossesse pour préparer au mieux ce deuxième accouchement. C’est un plaisir de lire qu’elle a été accompagnée par une équipe de professionnels de santé attentifs, qui ont su l’écouter et respecter ses souhaits pour que son accouchement se déroule dans les meilleures conditions possibles. On peut toutefois se demander si la rupture artificielle de la poche des eaux n’a pas contribué au mauvais positionnement de Jade dans le bassin. Cela aurait peut-être permis d’éviter une déchirure lors de la phase de poussée, mais chaque naissance est unique et il est certain que Mathilde et toute l’équipe ont fait ce qui était le mieux dans ce cas précis.

Encore une fois, un récit qui montre que la puissance du mental et du corps de la femme font bon ménage pour accompagner la naissance d’un bébé en douceur.

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