Cassandra - Mathis, mon bébé né en siège

Pour mon premier bébé à 22 ans, j’ai toujours été sereine pendant cette grossesse. Elle s’est bien passée de manière générale, même si dès le début, mon bébé était en siège, mais ce n’est pas quelque chose qui me stressait.

À 35+5 SA, je me rends à la maternité pour faire un petit contrôle car je me sentais mouillée et suspectais une fissure de la poche. Étant dans une maternité de stade 3, même si c’était tôt, je n’étais pas inquiète, me sentant bien entourée. La sage-femme m’ausculte et me confirme qu’il s’agit bien de liquide amniotique. On m’hospitalise alors pour une MAP (menace d’accouchement prématuré) pendant 4 jours, m’injectant des antibiotiques. Puis on me fait alors passer un scanner pelvien pour vérifier si mon bassin est en capacité de faire passer ce bébé en siège. Le résultat était favorable, pourtant tous les jours on faisait planer sur moi l’éventualité d’une césarienne.

Malgré quelques contractions, la position en siège ne les rendait pas efficaces et ne jouait pas sur mon col. Je suis donc sortie de l’hôpital le dimanche, à 36+2 SA, et retournée chez moi.

Comme mon bébé était toujours en siège décomplété, il était prévu que l’on me fasse une VME (manœuvre d’inversion) le jeudi suivant. Mais ce bébé en a décidé autrement et a choisi de venir de lui-même le lundi, seulement après une nuit de retour chez moi. Au petit matin, j’entends deux gros « clocs » et je comprends très vite que je romps — officiellement — la poche des eaux.

Je prends le temps de passer sous la douche puis me rends à la maternité à 6h30 avec un travail qui se met rapidement en place. En arrivant, le col est dilaté à 3 cm, et pendant plusieurs heures je gère des contractions de plus en plus intenses.

Vers midi, à 5 cm de dilatation, on m’installe la péridurale, comme c’est recommandé lors des accouchements en siège. Le travail progresse rapidement puisqu’à 14h30, j’étais déjà dilatée à 10 cm.

La particularité des accouchements en siège est qu’il faut attendre que les fesses de bébé soient déjà bien engagées dans le bassin, quasiment sorties, avant de commencer à pousser, puisqu’il n’y a pas la possibilité d’être aidée par des ventouses ou autres instruments. Toutes les 30 minutes, jusqu’à 16h30, je prends tout un tas de positions différentes pour faciliter l’engagement et la descente de mon bébé : une fois avec une jambe en l’air, une fois sur le côté, etc.

Je garde pour souvenir le fait que mon bébé, seulement à moitié sorti de mon corps, avait déjà fait ses premières selles sur la table d’accouchement.

La poussée se fait assez rapidement. J’étais entourée de cinq professionnels de santé, ce qui est assez normal, car les accouchements en siège sont davantage surveillés. L’espace d’un instant, ils évoquent la possibilité de faire une épisiotomie, mais je n’en voulais tellement pas que je réussis finalement à sortir mon bébé sur une dernière poussée, en m’en sortant avec un seul point de suture.

Voici le récit d’accouchement pour mon bébé de 2,790 kg arrivé spontanément, et en siège, à un mois du terme.

Je suis ravie de cet accouchement qui s’est très bien passé, et je ne regrette finalement pas de ne pas avoir pu faire d’inversion, car je me dis que si le bébé arrive comme ça, c’est qu’il doit arriver comme ça.

" Il était prévu que l’on me fasse une VME (manœuvre d’inversion). Mais ce bébé en a décidé autrement et a choisi de venir de lui-même. "

As-tu fais une préparation à l’accouchement ?
Oui, j’en ai fait, et d’ailleurs la veille de ma fissure, j’avais fait celui sur l’accouchement et la poussée.

Si c’était à refaire, que changerais-tu ?
Je suis très contente d’avoir pû vivre cette expérience d’accouchement par siège en voie basse, à refaire je ne changerai rien.

Quels conseils donnerais-tu aux futures mamans ?
Je voudrais conseiller à toutes les mamans dans ce cas là avec un bébé en siège de ne pas se stresser. Que si c’est comme ça et que les indications médicales sont bonnes, alors c’est que ça doit se faire comme ça.

Mon avis en tant qu’accompagnante à la naissance :
Je suis très contente d’avoir eu le témoignage de Cassandra, qui prouve que les naissances en siège sont possibles et ne riment pas systématiquement avec danger.

Il met surtout en avant le fait (commun à tous les accouchements) que moins on intervient, mieux cela se passe.

Si votre bébé est en siège, je vous encourage vraiment à vous renseigner sur la possibilité d’un accouchement par voie basse. L’idéal est d’échanger avec des professionnels formés et à l’aise avec ce type de naissance, afin d’avoir une information complète et de pouvoir faire un choix éclairé, plutôt que de se baser uniquement sur des protocoles appliqués par précaution.

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